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Trump II : Ce que disent réellement les faits

Discours en période de turbulences
Discours en période de turbulences

Contexte et méthodologie de l’analyse

Analyse fondée sur données officielles (Congress.gov, BLS, Federal Reserve)

Le deuxième mandat de Donald Trump (débute en janvier 2025, mandat actuellement en cours) suscite de nombreuses évaluations contrastées. Afin d’en offrir une analyse clinique et factuelle, nous nous appuierons exclusivement sur des sources institutionnelles vérifiables (statistiques officielles, sites gouvernementaux, décisions judiciaires fédérales, etc.). Nous distinguerons clairement les faits établis (mesures effectivement adoptées et résultats mesurables), les intentions politiques déclarées (promesses de campagne ou objectifs proclamés) et les projections hypothétiques (estimations et risques à venir, avec mention des incertitudes). 

Nous examinerons successivement :

  • Les mesures réellement adoptées par l’administration Trump depuis 2025 (décrets, lois, nominations majeures).
  • Les résultats mesurables à ce stade (indicateurs économiques, immigration, politique étrangère, criminalité, etc.).
  • Les blocages institutionnels rencontrés (opposition du Congrès, décisions judiciaires, autres contre-pouvoirs).
  • Les narratifs partisans divergents – le récit pro-Trump versus le récit anti-Trump – autour de ce bilan.
  • Enfin, les risques réels en vue des élections de mi-mandat 2026 (polarisation, participation électorale, redécoupage électoral, mobilisation des bases), cruciales pour la suite du mandat.

Ton de l’analyse : Nous adopterons un ton neutre, factuel et non alarmiste, sans emphase partisane. Chaque affirmation clé sera étayée par des données ou décisions vérifiées, avec mention explicite des zones d’incertitude lorsqu’elles existent. Aucune spéculation non sourcée ne sera avancée, et nous n’émettrons pas de conclusions normatives ou prescriptives quant à l’avenir, par respect des principes de prudence et du RGPD (pas de données personnelles injustifiées).

Mesures adoptées depuis 2025 : décrets, lois et nominations clés

Plusieurs mesures de grande envergure ont été prises dans les premiers mois du second mandat Trump. En voici les principales, avec leur nature et leur portée :

  • Un vaste paquet législatif « One Big Beautiful Bill » (OBBB) : Le Congrès à majorité républicaine a adopté, et le Président a signé le 4 juillet 2025, une loi omnibus surnommée The One Big Beautiful Bill, concrétisant bon nombre de promesses de campagne. Cette loi comprend notamment la plus grande réduction d’impôts de l’histoire pour les classes moyennes et populaires, exonérant notamment les pourboires, les heures supplémentaires et les pensions de la Sécurité sociale d’impôt fédéral. Selon le Comité conjoint sur la fiscalité, ce plan profite surtout aux ménages sous le seuil de $50 000 par an. L’OBBB inclut aussi des volets de dépenses et d’investissements, par exemple : 12,5 milliards de dollars pour moderniser le système de contrôle aérien, le financement de l’achèvement du mur frontalier et l’embauche de milliers d’agents migratoires supplémentaires, une augmentation permanente du crédit d’impôt pour enfants pour 40 millions de familles, un programme de comptes d’épargne pour chaque nouveau-né américain (“Trump Accounts”), des incitations fiscales à l’achat de voitures américaines, la protection de deux millions de petites exploitations agricoles contre la double imposition, ainsi qu’un volet de réduction des dépenses publiques visant $1,5 trillion d’économies (notamment via des coupes dans certains programmes sociaux jugés inefficaces). Cette loi gigantesque, présentée comme “une fois par génération”, a donc remodelé à la fois la fiscalité, la politique migratoire, énergétique et budgétaire des États-Unis.
  • Décrets présidentiels en matière d’immigration et de sécurité : Dès son investiture le 20 janvier 2025, Donald Trump a signé plusieurs décrets revenant sur des politiques de l’ère Biden en matière migratoire et sécuritaire. Un décret 14161 « Protecting the U.S. from Foreign Terrorists… » a rétabli intégralement la politique dite du travel ban (interdiction d’entrée de ressortissants de pays jugés à risque) qui existait durant son premier mandat. Ce décret a réinstauré des restrictions de visa pour plusieurs pays à majorité musulmane, restrictions qui avaient été annulées en 2021, et a servi de base légale à une nouvelle extension du travel ban annoncée le 4 juin 2025 (Proclamation 10949) puis élargie encore par une proclamation du 16 décembre 2025. Au total, 19 pays ont vu l’immigration vers les États-Unis largement suspendue à partir de juin 2025, et la présidence a menacé d’ajouter jusqu’à 36 pays supplémentaires (principalement en Afrique) si leurs normes de passeport, de coopération aux expulsions et de partage d’informations ne s’amélioraient pas. Officiellement, ces interdictions visent les pays présentant de « graves insuffisances de filtrage et de contrôle » (documents d’identité peu fiables, corruption dans l’émission de visas, refus de coopérer aux vérifications) afin d’empêcher l’entrée de personnes susceptibles de menacer la sécurité nationale ou la sécurité publique américaine.
  • Mesures de fermeture de la frontière sud et de lutte contre l’immigration clandestine : En parallèle des travel bans, l’administration Trump a lancé une politique de fermeture quasi-hermétique de la frontière américano-mexicaine. Une directive d’« action immédiate » dès le jour d’investiture a restauré des pratiques de « No catch-and-release » – c’est-à-dire l’interdiction de relâcher des migrants en situation irrégulière dans l’attente de leur audience. À la place, les personnes appréhendées sont soit placées en détention, soit renvoyées automatiquement de l’autre côté de la frontière. En conséquence, le nombre de libérations de migrants interceptés est tombé à presque zéro sur la première année du mandat (seulement 9 libérations recensées, soit 99,99 % de moins que sur la même période un an plus tôt). La construction du mur frontalier, interrompue en 2021, a repris « immédiatement » en 2025 : des dizaines de miles de nouvelles barrières sont en chantier notamment dans la vallée du Rio Grande et du côté d’El Paso. Le gouvernement revendique également la « plus grande opération d’expulsion de l’histoire américaine » : plus de 150 000 arrestations de sans-papiers et 139 000 expulsions effectuées en quelques mois après le retour de Trump au pouvoir. Par ailleurs, un renforcement notable des poursuites pénales a visé les migrants récidivistes et les passeurs ; les directives aux parquets fédéraux consistent à criminaliser davantage les entrées illégales répétées et à traiter les cartels de passeurs comme des organisations terroristes. Enfin, signe de la priorité donnée à ce dossier, l’OBBB voté en juillet 2025 a consacré des milliards de dollars de budget supplémentaires pour les politiques migratoires sévères (centres de détention, surveillance technologique, patrouilles).
  • Nominations et remaniements administratifs : Donald Trump a constitué une équipe très fidèle à sa ligne politique, parfois au prix de tensions institutionnelles. Son colistier JD Vance (sénateur de l’Ohio connu pour ses positions conservatrices populistes) est devenu vice-président en janvier 2025. Il a opéré un grand remaniement dans la haute fonction publique fédérale, remplaçant de nombreux responsables d’agences par des personnes acquises à sa vision (« drain the swamp » version 2.0). Par exemple, un « Département de l’Efficacité Gouvernementale (Department of Government Efficiency, DOGE) » a été créé dès le début du mandat, confié à l’entrepreneur Elon Musk, avec pour mission de réduire la bureaucratie et d’optimiser le fonctionnement de l’État. Ce nouveau département a entrepris des réductions drastiques d’effectifs dans plusieurs agences : le Département d’État a subi des coupes franches, et des organismes entiers tels que l’Agence américaine pour le développement international (USAID) ou la radio-télévision Voice of America ont purement et simplement été supprimés ou fusionnés. L’objectif affiché est de « démanteler l’État administratif paralysant » et de revenir à une fonction publique au mérite et plus politiquement alignée sur le président. Ces mesures ont toutefois provoqué des recours (certains licenciements de fonctionnaires de carrière étant contestés devant les tribunaux pour atteinte au droit du travail fédéral). Sur le plan judiciaire, M. Trump a eu l’occasion de nommer au moins un nouveau juge à la Cour suprême suite à une vacance début 2026 : son choix (une magistrate réputée conservatrice) a été confirmé de justesse par le Sénat, solidifiant une majorité de jurisprudence favorable à sa vision, notamment sur les questions électorales et de régulation administrative. En outre, des proches du Président ont été placés à des postes-clés : par exemple, Steve Witkoff, homme d’affaires allié de longue date, a été nommé envoyé spécial pour les négociations internationales (notamment chargé de plans de paix au Proche-Orient et en Ukraine), et Peter Navarro a repris du service à la Maison-Blanche pour piloter la politique commerciale offensive (tarifs douaniers, rapatriement industriel). Globalement, l’administration Trump 2.0 est marquée par une volonté de loyauté et d’alignement idéologique, au risque de heurts avec les procédures habituelles de non-partisanerie de la haute administration.
  • Autres décrets notables et initiatives sectorielles : Parmi la multitude d’actions présidentielles, on peut relever également :
    • Un décret exigeant l’application d’une clause de « nation la mieux servie » sur les médicaments achetés par le gouvernement américain (afin que les prix payés par Medicare/Medicaid ne dépassent pas les prix les plus bas consentis à l’étranger). Dans la foulée, la Maison-Blanche a annoncé des accords avec plusieurs grands laboratoires pharmaceutiques (Pfizer, AstraZeneca, etc.) pour réduire le prix de certains médicaments pour les patients américains.
    • Un décret abrogeant l’obligation fédérale de transition énergétique vers les véhicules électriques (retour en arrière sur les normes décidées sous Biden). Ce décret de janvier 2025 a été présenté comme visant à « sauver le marché automobile thermique et les emplois associés », en annulant progressivement les objectifs de 50 % de véhicules électriques neufs en 2030. Il a été accompagné d’allègements réglementaires pour l’industrie pétrolière et gazière (« Drill, baby, drill »), l’administration s’enorgueillissant d’avoir restauré l’indépendance énergétique américaine dès 2025.
    • Une série d’ordres exécutifs et de mémorandums pour restaurer une « éducation patriotique » : dissolution effective du Département fédéral de l’Éducation (ses fonctions sont renvoyées aux États locaux, conformément à la promesse de fermer ce département jugé bureaucratique), interdiction du financement fédéral pour les écoles enseignant la théorie critique de la race ou des programmes perçus comme « wokes », et obligation pour les établissements recevant des fonds fédéraux de séparer strictement les sports par sexe biologique (chassant les personnes transgenres du sport féminin). Ces mesures, passées par décret, sont en partie contestées devant les tribunaux pour leur conformité aux droits civils fédéraux.
    • La création d’un bouclier anti-missiles national surnommé « Golden Dome » : le Président a annoncé un plan de défense antimissile de nouvelle génération couvrant le territoire américain, s’inspirant du système « Dôme de Fer » israélien. Un financement initial a été sécurisé dans l’OBBB pour amorcer ce projet ambitieux.
    • Des décrets en matière de sécurité intérieure et de justice : levée des mesures disciplinaires contre les militaires non-vaccinés (réintégration de soldats renvoyés pour refus du vaccin COVID sous Biden), abrogation des programmes de formation à la diversité et à l’inclusion au sein des forces armées et des agences fédérales (retour à une culture « neutre » axée sur la mission), et ordres au DOJ de donner la priorité à la lutte contre le trafic de drogue et les crimes violents (avec autorisation controversée des déploiements de la Garde nationale dans certaines villes, voir plus bas).

Chaque mesure ci-dessus correspond à un fait établi et documenté (loi promulguée, décret signé). Les intentions déclarées derrière ces actions étaient de tenir les promesses de campagne 2024 de Donald Trump : baisse rapide du coût de la vie, fermeté migratoire, relance de l’énergie fossile, renforcement de la « loi et l’ordre », et recentrage de l’État sur les fonctions régaliennes. Nous verrons plus loin comment ces intentions se traduisent (ou non) dans les résultats observables et quelles résistances elles ont rencontré.

Résultats mesurables après un an : économie, immigration, international, criminalité

Un an après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, on dispose de plusieurs indicateurs quantitatifs pour évaluer l’impact de ces politiques. Les principaux domaines – l’économie, l’immigration, la scène internationale et la criminalité – montrent des évolutions notables, sans qu’il soit toujours aisé de démêler la part due aux actions du nouveau gouvernement de celle due aux tendances de fond ou à des facteurs exogènes. Voici un état des lieux factuel de quelques résultats mesurables :

  • Situation économique : L’économie américaine fin 2025 affiche un tableau mitigé mais globalement solide. La croissance du PIB s’est accélérée mi-2025 : au 3ᵉ trimestre 2025, le PIB réel a crû de +4,4 % en rythme annualisé (après +3,8 % au trimestre précédent), grâce à un rebond de l’investissement et des exportations notamment. Sur l’ensemble de l’année 2025, les estimations oscillent autour de +2 % de croissance réelle du PIB (contre 1,9 % projeté initialement) – évitant ainsi la récession que certains craignaient en raison des tensions commerciales. Le marché du travail reste robuste : le taux de chômage national était de 4,4 % en décembre 2025, en légère hausse par rapport aux 4,1 % de fin 2024. Autrement dit, le plein-emploi n’est plus tout à fait aussi serré qu’avant (quelques dixièmes de plus), ce qui peut refléter un ralentissement volontaire de l’économie par la Réserve fédérale ou les incertitudes des entreprises, mais le chômage demeure historiquement bas. L’économie a continué de créer des emplois en 2025, mais à un rythme modéré : seulement +50 000 emplois nets en décembre 2025 par exemple, signe d’un atterrissage en douceur du marché du travail. Côté inflation, la situation s’est nettement améliorée par rapport au pic post-pandémie de 2022. L’inflation est redescendue autour de 2,7 % sur un an fin 2025, très proche de la cible de 2 % de la banque centrale. En décembre 2025, l’indice des prix à la consommation n’a augmenté que de +0,3 % sur le mois, et +2,7 % sur 12 mois – un niveau plancher depuis 4 ans, notamment grâce à la baisse des coûts de l’énergie et à la résorption de nombreuses pénuries. Les prix de l’essence constituent un indicateur marquant pour les ménages : le gallon d’essence est tombé sous la barre symbolique des $3 en moyenne nationale, pour la première fois depuis 2019, ce qui correspond effectivement à un plus bas de 4 ans. Cette détente des prix à la pompe est liée à la conjoncture pétrolière mondiale favorable et à la relance de la production intérieure (forages intensifiés au Texas, au Dakota, etc.). Du côté des ménages, la confiance économique s’est redressée : les enquêtes montrent que les Américains se disent de plus en plus confiants dans les perspectives économiques, soutenus par la désinflation et la bonne tenue de l’emploi. Les salaires réels ont cessé de s’éroder après avoir beaucoup souffert de l’inflation en 2022 : en particulier, les revenus des cols bleus (blue-collar) auraient connu en 2025 leur plus forte hausse réelle depuis près de 60 ans, selon la Maison-Blanche, grâce à la combinaison de hausses de salaires nominaux et de baisse de l’inflation. Cette donnée reste à confirmer dans les statistiques officielles, mais elle illustre la narration positive de la majorité. Enfin, la Bourse américaine a atteint des sommets en 2025 : les indices Dow Jones, S&P 500 et Nasdaq ont enregistré de nouveaux records historiques fin 2025, reflétant l’optimisme des investisseurs, notamment dans le secteur de l’énergie, de la défense et de l’intelligence artificielle (nouvelles priorités de l’administration). En somme, le bilan économique à mi-mandat montre un retour à une inflation maîtrisée et une croissance correcte – deux éléments dont le Président Trump s’attribue volontiers le crédit (« promesse tenue de rendre l’Amérique à nouveau prospère »). Cependant, ces performances s’inscrivent aussi dans des tendances plus larges (politique monétaire de la Fed, cycle post-Covid) et les effets à moyen terme de certaines politiques trumpiennes sont incertains : par exemple, les guerres commerciales et tarifaires engagées depuis 2025 (voir plus loin Politique commerciale) pourraient peser sur la croissance future. La Banque mondiale a d’ailleurs revu en légère baisse ses perspectives mondiales en raison des tensions commerciales accrues. Zone d’incertitude : il faudra surveiller si la vigueur actuelle de l’économie américaine se maintient en 2026 alors que les tarifs douaniers généralisés commenceront à produire leurs effets sur les importations, et si la Réserve fédérale, face à l’inflation revenue dans la cible, décide d’alléger la pression monétaire (ce qui pourrait soutenir la croissance à temps pour les élections).
  • Immigration et frontière : Les effets des mesures ultra-restrictives de 2025 se sont fait sentir très rapidement. Les traversées illégales à la frontière mexicaine ont chuté à des niveaux historiquement bas au printemps 2025. Des reportages sur le terrain en juin 2025 décrivaient une frontière « silencieuse pour la première fois depuis des décennies » : moins de 10 000 passages illégaux par mois, contre plus de 100 000 par mois un an auparavant – un effondrement spectaculaire de l’immigration clandestine. Les centres d’accueil de migrants qui débordaient en 2024 se sont vidés, certaines villes frontalières notant un soulagement logistique évident. Ces chiffres sans précédent résultent de la combinaison de la fermeture quasi complète de l’asile (suspension de l’accueil des demandeurs d’asile à la frontière, traités désormais comme entrants illégaux) et de la coopération renforcée avec le Mexique et d’autres pays d’Amérique latine pour bloquer les routes migratoires. Par ailleurs, le nombre de mineurs non accompagnés interceptés a chuté drastiquement, tombant à un plus bas record selon le Department of Homeland Security. Au plus fort de la crise en 2022 sous l’administration précédente, les mineurs isolés constituaient 4,6 % des entrées illégales ; en mars 2025, ils n’étaient plus que 0,4 %. Ceci s’explique par le fait que les familles migrantes, découragées par la séparation possible de parents et enfants et par l’absence de perspective de libération aux États-Unis, renoncent davantage à tenter le voyage. Le gouvernement Trump a par ailleurs entrepris de retrouver les milliers d’enfants migrants « disparus » sous la précédente administration – un scandale avait éclaté sur 325 000 enfants entrés pendant la période 2021-2024 dont les autorités avaient « perdu la trace ». La nouvelle administration revendique en avoir déjà localisé plus de 13 000 en 2025, tenu par sa promesse de consacrer tous les efforts à retrouver ces jeunes victimes potentielles de trafics. Sur le front des expulsions, nous avons mentionné les chiffres record du début de mandat (plus de 130 000 expulsions en quelques mois). À plus long terme, cela signifie que la population de sans-papiers aux États-Unis a commencé à décroître, après plusieurs années d’augmentation ; aucune régularisation d’envergure n’étant à l’ordre du jour, la tendance est à la baisse pure et simple du nombre de personnes en situation irrégulière, via les retours forcés. Un indicateur intéressant est le nombre de migrants détenus par ICE : il a atteint des sommets mi-2025 en raison de la politique de tolérance zéro, avant de redescendre légèrement en fin d’année faute de nouveaux arrivants (les flux s’étant taris). Toutefois, ces résultats s’accompagnent de coûts humains et juridiques. Des associations ont rapporté une hausse des tentatives d’entrée par des voies dangereuses (passeurs empruntant des parcours plus périlleux pour éviter la surveillance accrue), et plusieurs décisions de justice ont sanctionné l’administration. Notamment, un juge fédéral a constaté en juin-juillet 2025 que l’administration Trump violait un accord judiciaire de 2023 sur le traitement des familles migrantes en interrompant certains services d’accompagnement : le juge Dana Sabraw a dû ordonner au gouvernement de remédier aux torts causés aux familles séparées et de respecter le settlement conclu avec l’ACLU. De plus, certains renvois expéditifs de migrants ont été retoqués quand ils concernaient des personnes pouvant prétendre à un statut légal (bénéficiaires de TPS ou autres). Malgré ces obstacles, la présidence semble prête à aller loin, évoquant même la possibilité d’utiliser le modèle « Remain in Mexico » pour tous les demandeurs d’asile ou d’établir des accords de « pays tiers sûrs » (imposer aux migrants de demander l’asile dans des pays de transit) – autant de projets qui, s’ils se concrétisent, feront l’objet de batailles juridiques intenses. En somme, du point de vue quantitatif, l’administration Trump peut exhiber en 2025 un succès indéniable : la baisse massive de l’immigration illégale. Mais ce succès repose sur des méthodes contestées (détentions de masse, expulsions collectives, dissuasion extrême) dont la soutenabilité morale et juridique reste débattue. Les pays voisins, eux, subissent le contrecoup : le Mexique, débordé par les camps de migrants à sa frontière sud, a sollicité une aide humanitaire d’urgence auprès des États-Unis, pendant que plusieurs nations d’Amérique centrale ont protesté contre l’augmentation des vols charters d’expulsion renvoyant leurs ressortissants en grand nombre.
  • Politique étrangère et sécurité internationale : Le second mandat Trump a rapidement imprimé sa marque « America First » sur la scène mondiale, avec un mélange de gestes spectaculaires, de ruptures et de continuités. Le résultat mesurable le plus saillant concerne peut-être la fin (ou du moins la diminution) de certains conflits armés : l’administration revendique d’avoir contribué à pacifier ou résoudre pas moins de « huit conflits dans le monde » en un an. Parmi ceux-ci : un accord de cessez-le-feu entre l’Inde et le Pakistan en mai 2025 (concernant le Cachemire), que la Maison-Blanche s’attribue en médiateur – même si New Delhi a minimisé le rôle de Washington, affirmant que la désescalade servait d’abord ses propres objectifs. Autre exemple, en Afrique centrale, la signature d’un accord de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo le 27 juin 2025, annoncée en fanfare à la Maison-Blanche. Ce rapprochement historique vise à mettre fin aux ingérences réciproques dans la région des Grands Lacs ; il est vu aussi comme stratégique pour les États-Unis qui convoitent les ressources minières du Congo (cobalt, etc.) en compétition avec la Chine. En Europe, Donald Trump a fait de la fin de la guerre en Ukraine une priorité affichée dès son « Day One ». Il a envoyé des émissaires spéciaux négocier activement avec Moscou et Kiev une solution. Cependant, ce dossier demeure un échec à ce stade : malgré plusieurs plans proposés, la guerre russo-ukrainienne se poursuivait fin 2025. Un plan en 28 points élaboré par l’envoyé américain Steve Witkoff et un interlocuteur russe (Kirill Dmitriev) a été présenté au président Zelensky en novembre 2025, mais ce plan exigeait de lourdes concessions de la part de l’Ukraine (cession de territoires du Donbass, réduction drastique de l’armée ukrainienne, neutralité hors OTAN). M. Zelensky, soumis à d’intenses pressions de la Maison-Blanche (Trump lui aurait fixé un ultimatum pour accepter avant Thanksgiving, sous peine de perdre le soutien américain), a publiquement qualifié ce moment de « l’un des plus difficiles de [l’]histoire » de son pays, dénonçant un « chantage » sur l’aide vitale des États-Unis. Le plan a été froidement accueilli en Ukraine et en Europe, beaucoup le percevant comme une capitulation dictée par le Kremlin. Finalement, face à l’intransigeance russe (Poutine a salué le plan comme base possible de règlement, ce qui en dit long sur l’avantage qu’il lui donnait), Trump a dû changer de cap à l’été 2025 : il a repris (prudemment) l’aide militaire à l’Ukraine après l’avoir suspendue quelques mois. En juillet 2025, constatant l’échec de ses efforts de paix, il a autorisé de nouvelles livraisons d’armes à Kiev et imposé des sanctions additionnelles à la Russie, tout en continuant de brandir des deadlines pour pousser Moscou à négocier (il a successivement annoncé un ultimatum de 50 jours, puis réduit à « 10 ou 12 jours » lors d’un déplacement en Écosse fin juillet, sans plus de succès). Le conflit en Ukraine n’est donc pas réglé, et Trump n’a pas tenu sa promesse de le terminer « en 24 heures ». Toutefois, il a opéré un savant équilibre politique : en reprenant l’aide militaire (sous conditions de négociation), il a évité de se mettre complètement à dos une partie du Congrès – notamment les républicains traditionnels attachés à contrer la Russie. En parallèle, d’autres fronts internationaux ont connu des développements majeurs :
    • Moyen-Orient : Trump s’est impliqué fortement dans la région. En juin 2025, il a autorisé, conjointement avec Israël, des frappes militaires sur les infrastructures nucléaires de l’Iran. Le 22 juin, l’aviation américaine a frappé des sites iraniens liés à l’enrichissement, tandis qu’Israël menait une campagne de 12 jours contre des cibles du programme nucléaire iranien et des dirigeants du régime. Ces actions ont infligé des dégâts « considérables » au programme iranien, mais sans garantie de résultat durable : l’Iran demeure en mesure de reconstituer ses capacités, et nul ne sait si cela dissuadera ou au contraire enhardira Téhéran à poursuivre vers l’arme nucléaire. Par ailleurs, la Maison-Blanche a opéré un rapprochement inédit avec le régime syrien : lors d’un voyage de Trump en Arabie saoudite, Qatar et EAU en mai 2025, un changement de doctrine a été acté vis-à-vis de la Syrie : Washington a levé certaines sanctions contre Damas et le président Trump a même rencontré Ahmed al-Sharaa, le chef d’un gouvernement de transition syrien soutenu par la Russie. L’objectif est de stabiliser la Syrie et de contrer l’influence iranienne dans ce pays en misant sur un réalignement arabe. Ce revirement a surpris mais s’inscrit dans une logique transactionnelle : en échange, les pays du Golfe ont signé avec les États-Unis d’importants accords économiques et technologiques (IA, armements) renforçant l’axe Washington-Ryad-Abu Dhabi. Concernant le conflit israélo-palestinien, l’administration a tenté de négocier une nouvelle trêve entre Israël et le Hamas à Gaza après la rupture d’un cessez-le-feu en mars 2025. Des émissaires (Steve Witkoff et Tom Barrack) ont multiplié les pourparlers, sans parvenir pour l’instant à un arrêt durable des hostilités. C’est l’un des points faibles reconnus de la politique étrangère de Trump : la guerre à Gaza perdure, et la cause palestinienne est reléguée au second plan de l’agenda américain, ce qui pourrait nourrir une instabilité chronique.
    • Alliances et institutions internationales : Fidèle à ses critiques du « multilatéralisme contraignant », Donald Trump n’a pas hésité à secouer l’OTAN et l’ONU. En juin 2025, lors du sommet de l’OTAN, il a obtenu de ses alliés un engagement inédit à augmenter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035. Cet accord, au-delà des espérances (il exigeait initialement 3 % du PIB), est salué par Washington comme la preuve que la fermeté trumpienne porte ses fruits – même si sa réalisation dépendra de la situation politique dans chaque pays et pourrait être freinée par des contraintes budgétaires et des débats internes. Par ailleurs, la coopération au sein du G7 et de l’OMC a été chahutée par le nouveau tournant protectionniste américain (voir Politique commerciale ci-dessous). Trump a aussi réduit la participation américaine à certaines agences onusiennes qu’il jugeait inutiles ou biaisées : financement coupé pour l’Organisation mondiale de la santé (à nouveau), retrait de forums sur le climat, et suspension de la contribution américaine au Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) pour protester contre sa gestion jugée laxiste des migrations. Ces retraits font partie de la stratégie de « déstabiliser le statu quo international pour mieux renégocier ». Enfin, notons qu’en Asie, la relation avec la Chine est restée tendue : la deuxième administration Trump n’a pas renoué le dialogue stratégique avec Pékin, bien au contraire. Aucun nouvel accord commercial avec la Chine n’a été trouvé (les surtaxes sur $300 milliards d’importations chinoises restent en place et d’autres sont brandies). Et sur Taïwan, si Trump a évité les provocations directes, il n’a pas non plus formulé de doctrine claire, laissant le flou sur le niveau d’engagement américain en cas de crise. Bilan international intermédiaire : la position des États-Unis a évolué de manière contrastée. D’un côté, certaines avancées diplomatiques ponctuelles (Inde-Pakistan, OTAN renforcée, accords au Moyen-Orient) peuvent être créditées à l’activisme de Trump. De l’autre, l’ordre international libéral continue de s’éroder, avec une Amérique moins engagée sur la promotion de la démocratie et des droits humains, et plus focalisée sur la rivalité de puissance et les retours économiques immédiats. Les partenaires traditionnels européens restent méfiants, bien que soulagés que les États-Unis n’aient pas quitté l’OTAN (une crainte évoquée pendant la campagne). La Chine et la Russie, elles, testent les limites de la nouvelle posture américaine : Moscou a apprécié l’attitude conciliante initiale de Trump sur l’Ukraine, sans pour autant céder quoi que ce soit, et Pékin observe comment l’absence de stratégie claire pourrait lui ouvrir des opportunités en Asie-Pacifique. En définitive, aucune catastrophe géopolitique majeure ne s’est produite dans la première année Trump 2, mais beaucoup d’analystes notent une atmosphère d’« incertitude tourbillonnante » sur la scène mondiale, où les alliés et adversaires s’adaptent aux changements brutaux de cap américain.
  • Criminalité et sécurité intérieure : Un leitmotiv de Donald Trump est de « rétablir la loi et l’ordre » dans les villes américaines. Or, paradoxalement, l’année 2025 a connu un recul très marqué de la criminalité violente aux États-Unis, bien au-delà des anticipations, mais ce recul avait commencé avant même les nouvelles initiatives fédérales. Selon les statistiques préliminaires compilées sur 550 agences locales, les homicides ont chuté d’environ 20 % en 2025 par rapport à 2024 – possiblement la plus forte baisse annuelle jamais enregistrée aux États-Unis. Déjà en 2024 on avait vu une baisse de 15 % des homicides, confirmée par le FBI, et 2025 amplifie la tendance. Si ces chiffres se confirment, le nombre de meurtres en 2025 serait le plus bas depuis le début des données modernes en 1960. De plus, la criminalité violente globale est en recul (~–9 % sur un an glissant de sept. 2024 à août 2025) et la criminalité contre les biens également (~–12 %). Des villes majeures comme Detroit, Philadelphie, Baltimore pourraient enregistrer leur plus faible niveau d’homicides depuis les années 1960, et même une ville naguère très meurtrière comme La Nouvelle-Orléans revient à des chiffres qu’elle n’avait plus vus depuis 1970. Les causes de cette décrue de la violence font débat : experts et policiers y voient l’effet de la fin des perturbations post-Covid (retour à la normale après le pic 2020-2021) et des efforts locaux de prévention, plus qu’une conséquence de politiques fédérales récentes. Néanmoins, Donald Trump n’a pas manqué de s’en attribuer une part, affirmant que sa fermeté et son soutien aux forces de l’ordre ont encouragé cette amélioration. En août 2025, sur fond de perception publique encore anxieuse face à quelques fusillades marquantes, le président a pris la décision exceptionnelle de déployer la Garde nationale dans plusieurs grandes villes pour appuyer la lutte anti-criminalité. À Washington D.C. notamment, après une fusillade dramatique en mai 2025 au musée juif de la capitale, plusieurs centaines de gardes nationaux ont été envoyés en renfort de la police métropolitaine pour sécuriser les lieux sensibles. Des déploiements similaires ont eu lieu, avec l’accord des gouverneurs, à Chicago et à Baltimore durant l’été 2025. Ces initiatives fédérales de maintien de l’ordre – rarissimes en temps de paix – ont suscité des controverses politiques (démocrates dénonçant une théâtralisation sécuritaire puisque la criminalité était déjà en baisse). Mais localement, une partie de la population y a été favorable ; par exemple la mère d’un jeune homme tué à Washington s’est déclarée en faveur de l’intervention des troupes fédérales pour « reprendre le contrôle des rues ». Quoi qu’il en soit, les statistiques de fin 2025 confirment un retour à des niveaux de crime très bas. Les taux de vols de voitures, d’agressions, de cambriolages, quasi tous les indicateurs sont orientés à la baisse : par exemple, les vols de voitures ont diminué de 23 % en 2025. Ce contexte favorable devrait, en théorie, profiter politiquement au président sortant, en validant son discours de baisse de la criminalité. Cependant, un écart persiste entre la réalité chiffrée et la perception de l’opinion : de récents sondages montrent qu’une majorité d’Américains continuent de croire que la criminalité reste trop élevée (sans doute influencés par la médiatisation des fusillades de masse et par des discours alarmistes). Le narratif de Donald Trump accentue l’idée que « les démocrates ont laissé les villes plonger dans le chaos en 2020-2022 et que lui est en train d’y mettre un terme ». Cette histoire trouve un écho chez certains, mais se heurte aux faits que la décrue avait commencé avant son retour au pouvoir. En termes de politiques publiques, l’administration a favorisé une stratégie dure : encouragement aux parquets pour requérir des peines lourdes, critique des procureurs « progressistes » jugés laxistes, et soutien affiché aux forces de l’ordre (Trump a notamment gracié ou amnistié plusieurs policiers ou agents fédéraux condamnés dans le passé pour usage excessif de la force, ce qui a suscité controverse). Il n’y a pas eu de réforme policière fédérale, contrairement aux débats du mandat précédent ; au contraire, toutes les enquêtes du DOJ sur des polices locales (recherchant d’éventuels abus systémiques) ont été suspendues ou closes par la nouvelle direction. Le ministère de la Justice, sous la houlette du procureur général, insiste désormais sur la lutte contre les gangs et les trafiquants de drogue, priorisant par exemple une opération nationale contre les réseaux de fentanyl au second semestre 2025. On note à ce propos que les crimes liés aux stupéfiants sont la seule catégorie qui n’ait pas baissé en 2025 : au contraire, les infractions pour trafic de drogue auraient augmenté de ~+7 % selon une étude indépendante, possiblement en raison d’une activité accrue des forces de l’ordre sur ce front (plus d’arrestations de dealers). La crise des opioïdes reste donc un problème aigu. En résumé, l’année écoulée a vu un net regain de sécurité dans la plupart des villes américaines, tendance encourageante que Donald Trump capitalise politiquement, même si elle n’est pas entièrement de son fait. Il faudra observer si cette embellie se poursuit en 2026 et si les mesures musclées de l’administration (déploiements de troupes, lois anti-émeutes envisagées) ne génèrent pas de nouveaux contentieux juridiques quant au respect du fédéralisme et des droits civiques.

Blocages institutionnels : contre-pouvoirs du Congrès et des tribunaux

Malgré le contrôle républicain des deux chambres du Congrès en 2025, le Président Trump a tout de même rencontré des freins institutionnels dans la mise en œuvre de certaines parties de son programme. Ces blocages proviennent principalement du pouvoir judiciaire (cours fédérales) et, dans une moindre mesure, de résistances bureaucratiques ou de la minceur de sa majorité législative. Voici les principaux contre-pouvoirs qui se sont manifestés :

  • Décisions judiciaires invalidant des mesures exécutives : La Constitution et l’indépendance de la justice ont limité plusieurs initiatives présidentielles, surtout dans le domaine électoral et migratoire. Un exemple frappant est le vaste décret présidentiel sur les élections signé en 2025. Ce décret, aux visées très larges, cherchait à imposer des règles fédérales uniformes durcissant l’accès au vote (exigence de preuve de citoyenneté lors des inscriptions sur les listes électorales, standardisation de certaines procédures, restrictions sur le vote par correspondance, etc.). Or, dès octobre 2025, puis à nouveau en janvier 2026, des juges fédéraux ont bloqué l’application de dispositions clés de cet ordre exécutif, au motif qu’elles empiétaient sur les prérogatives des États en matière électorale. En particulier, la juge Colleen Kollar-Kotelly a jugé inconstitutionnel d’imposer par décret présidentiel des exigences de citoyenneté supplémentaires pour l’inscription des électeurs : « Notre Constitution ne permet pas au Président d’imposer unilatéralement des changements aux procédures fédérales d’élection » a-t-elle rappelé en bloquant la mesure. Elle a donc interdit aux agences fédérales de conditionner un service public quelconque à la vérification du statut de citoyen (par exemple, les agences sociales ne peuvent exiger qu’un usager prouve sa citoyenneté pour lui fournir un formulaire d’inscription électorale). De même, le Secrétaire à la Défense s’est vu interdire d’exiger une preuve documentaire de citoyenneté aux militaires qui s’inscrivent sur les listes ou demandent un bulletin de vote depuis l’étranger. Ces injonctions, confirmées par d’autres tribunaux dans des recours parallèles, portent un sérieux coup à l’agenda de la Maison-Blanche sur « l’intégrité électorale ». La présidence a fait appel, arguant qu’« assurer que seuls les citoyens votent est une mesure de bon sens », et affirmant que ce n’est « pas le dernier mot » du litige. Néanmoins, au vu de la séparation des pouvoirs, il est probable qu’une partie de ce décret ne verra jamais le jour sous sa forme actuelle. De façon générale, les tribunaux ont multiplié les garde-fous face aux actions unilatérales de l’exécutif : en matière migratoire, on l’a vu, un juge a contraint l’administration à respecter le règlement issu du procès Ms. L v. ICE sur les familles migrantes. D’autres cours d’appel ont également tempéré la portée de la politique de détention sans libération conditionnelle pour les migrants : en décembre 2025, la Cour d’appel du 9ᵉ circuit a confirmé que le DHS pouvait détenir des migrants sans audience de caution (ce que l’administration considérait comme une victoire), mais parallèlement une cour du 2ᵉ circuit a imposé des exceptions pour les personnes vulnérables, créant un certain flou qui pourrait mener l’affaire devant la Cour suprême. Enfin, en matière sociale, la tentative de démanteler “Obamacare” résiduelle (le gouvernement a cessé de défendre en justice certains volets de l’Affordable Care Act) a achoppé devant la Cour suprême, qui a jusqu’ici refusé de rouvrir le dossier, maintenant de facto l’assurance-santé subventionnée en place. Ainsi, malgré un environnement politique globalement favorable, les juges ont constitué la principale force de freinage des ardeurs présidentielles, en particulier sur tout ce qui outrepasse les compétences exécutives.
  • Limites législatives et divergences internes : Le Parti républicain disposant de majorités étroites (mais unifiées) à la Chambre et au Sénat (53 sièges sur 100 au Sénat), Donald Trump a pu faire passer ses grandes réformes comme l’OBBB. Cependant, cette domination parlementaire reste fragile. Quelques défections ou dissensions internes ont suffi à retarder ou modifier certaines initiatives. Par exemple, le projet de loi d’interdiction nationale de l’avortement après 15 semaines – promis par certains alliés de Trump – n’a pas abouti car un groupe de sénateurs républicains modérés a joint ses voix aux démocrates pour menacer de filibuster le texte. Plutôt que d’affronter une défaite, la majorité a remisé ce projet pour le moment. De même, la volonté affichée de fermer purement et simplement le Département de l’Éducation a dû être aménagée en un démantèlement graduel par voie réglementaire, faute de consensus pour abolir ce ministère par une loi (quelques élus du GOP craignant la réaction de leurs électeurs enseignants). Sur le plan budgétaire, si la loi de finances 2025 (incluse dans l’OBBB) est passée, le relèvement du plafond de la dette au second semestre 2025 a causé des frictions : les démocrates refusaient d’emblée un chantage sur la dette, et les républicains ont dû, en coulisses, convaincre le président de reculer sur certaines coupes trop radicales dans Medicare pour obtenir les quelques voix démocrates nécessaires au Sénat pour surmonter le filibuster financier. En résumé, la machine législative a fonctionné en 2025 mais sous tension : l’échec du GOP aux élections de mi-mandat (évoqué plus loin comme possible) couperait court à la phase législative du mandat, mais même sans attendre 2026, Trump a dû composer à la marge avec l’aile modérée de son parti. Notons enfin que le pouvoir des États fédérés sert également de contrepoids : la Californie, New York et quelques autres États démocrates s’érigent en bastions anti-trumpistes, menant leurs propres politiques opposées (ex : Californie continuant d’appliquer des normes de CO₂ automobiles strictes malgré l’assouplissement fédéral, ce qui a donné lieu à des batailles juridiques État vs. fédéral). Plusieurs gouverneurs démocrates ont publiquement déclaré qu’ils refuseraient de mobiliser leur Garde nationale pour participer à des opérations migratoires ou de maintien de l’ordre décidées par Washington sans leur accord. En pratique, cela a peu freiné Trump jusqu’ici (car il a ciblé des juridictions coopératives pour ses déploiements), mais c’est un garde-fou potentiel.
  • Résistance de la bureaucratie et fuites : Un blocage plus diffus mais réel vient de la résistance interne de certaines agences. Malgré l’épuration partielle menée via le DOGE, des fonctionnaires de carrière ont temporisé l’application de directives controversées. Par exemple, lorsqu’il a été ordonné au Bureau du recensement de préparer une redécoupe électorale mi-décennale (voir plus loin gerrymandering), des employés ont fait valoir des contraintes techniques pour ralentir le processus. De même, au sein du FBI et du renseignement, l’éviction de cadres jugés hostiles à Trump a créé des remous : certaines enquêtes sensibles (concernant des associés du Président, ou les dossiers de 2020) ont fuité dans la presse, embarrassant ponctuellement la Maison-Blanche. Ce phénomène de « deep state » (État profond) honni par Trump se manifeste donc encore çà et là, bien que réduit. On l’a vu aussi dans la polémique de l’Army Secretary Daniel Driscoll (un haut fonctionnaire envoyé remettre le plan de paix à Zelensky) : son rôle a été critiqué au Pentagone, et une lettre d’officiers à la retraite a circulé pour dénoncer l’usage de l’armée à des fins diplomatiques partisanes. Ces voix discordantes n’empêchent pas l’action présidentielle, mais illustrent une inertie structurelle qui peut ralentir la mise en place totale de certaines réformes administratives.

En définitive, l’équilibre des pouvoirs joue toujours, malgré la concentration des leviers par un même parti. Les tribunaux fédéraux ont été le principal rempart face aux excès perçus de l’exécutif (en particulier pour protéger l’organisation traditionnelle des élections, compétence des États). Le Congrès, tant qu’il reste républicain, n’a pas bloqué Trump de front, mais une élection partielle perdue par le GOP suffirait à tout changer. C’est pourquoi la perspective des midterms 2026 plane comme un moment de vérité institutionnelle.

Narratifs partisans : deux lectures opposées du bilan

Les faits exposés ci-dessus sont objets de deux narratifs politiques radicalement différents aux États-Unis. D’un côté, les soutiens de Donald Trump présentent ce bilan comme une série de promesses tenues et de succès historiques ; de l’autre, ses détracteurs y voient des dangers pour la démocratie et des échecs déguisés. Il est essentiel de distinguer ces discours partisans – pro-Trump vs anti-Trump – afin de comprendre le climat politique polarisé dans lequel s’inscrivent les faits. Voici un résumé des deux grilles de lecture :

  • Narratif pro-Trump (majorité républicaine et base trumpiste) : La Maison-Blanche et les alliés du Président diffusent un message triomphaliste d’un « retour de l’Amérique ». Selon eux, Trump a relevé le pays du déclin de l’ère Biden en un temps record : « promesses faites, promesses tenues », tel est le leitmotiv officiel. Dans ce récit, les succès abondent : l’« invasion migratoire » serait enfin jugulée (frontière sécurisée, mur achevé, criminels expulsés) ; l’inflation écrasante aurait été domptée et l’Amérique redevenue abordable pour les familles ; l’économie connaîtrait un nouvel âge d’or (records boursiers, salaires ouvriers en hausse historique, énergie bon marché) ; la sécurité publique serait rétablie avec une baisse inédite de la criminalité et des forces de l’ordre revigorées ; sur la scène internationale, l’Amérique aurait recouvré le respect de ses alliés (hausse des contributions OTAN) et la crainte de ses ennemis (Iran frappé, Chine contenue). Le camp pro-Trump insiste aussi sur le fait que « Donald Trump tient enfin tête au système » : il affronte l’État bureaucratique, les juges militants, les grands médias et « dérange le marigot », ce qui prouverait qu’il tient ses engagements de 2016. Toute opposition ou critique est présentée soit comme le résultat de biais partisans (démocrates refusant d’admettre ses réussites), soit d’une conspiration de l’« État profond » pour saboter sa présidence. Les défenseurs du Président citent en exemple les décisions de justice freinant ses décrets électoraux : pour eux, c’est la preuve qu’un establishment judiciaire non élu empêche des mesures de bon sens voulues par le peuple, nourrissant leur ressentiment anti-élites. Sur le plan électoral, le narratif pro-Trump martèle l’idée que Trump a été légitimement réélu en 2024 par « une majorité écrasante » (ce que contestent les faits, son succès ayant été net mais non écrasant). Ils affirment que cette victoire constitue un mandat clair pour ses politiques et que toute critique équivaut à mépriser la volonté populaire. Ils mettent aussi en avant les « exploits diplomatiques » de Trump, le présentant comme un négociateur de paix incomparable (« un dealmaker qui a obtenu la paix dans huit conflits majeurs » selon le communiqué de la Maison-Blanche de fin 2025). Par exemple, le rapprochement Israël-Iran serait cité comme une prouesse (alors qu’il s’agit en réalité d’une campagne militaire contre l’Iran, ce que la comm’ gouvernementale qualifie paradoxalement de “paix” entre ennemis). Enfin, un élément central du narratif pro-Trump est de dénoncer les démocrates et les médias pour leur supposée malhonnêteté : toute mauvaise nouvelle (ex : une bavure dans une expulsion de migrant, un couac diplomatique) est imputée à l’héritage de l’administration précédente ou à la couverture biaisée de médias « fake news ». En somme, la base trumpiste vit dans la conviction que le Président est en train de « sauver l’Amérique », et que ses opposants sont motivés par la haine ou l’intérêt égoïste à l’ancien système.
  • Narratif anti-Trump (opposition démocrate, médias critiques, ONG) : À l’inverse, les adversaires de Donald Trump dressent un tableau alarmant de son second mandat. Selon eux, derrière quelques chiffres trompeusement positifs, les tendances sont profondément inquiétantes. Certes, concèdent-ils, l’inflation a baissé et la criminalité aussi, mais ces phénomènes étaient en cours avant Trump et il en profite par chance conjoncturelle. L’opposition minimise l’impact des politiques trumpistes sur l’économie saine, soulignant que la banque centrale et le cycle post-Covid en sont les vrais artisans. Elle met en garde contre les dommages à moyen terme : « la guerre commerciale mondiale de Trump risque de plomber la croissance » et d’affaiblir la position internationale des entreprises américaines (perte de compétitivité, représailles étrangères). Sur la diplomatie, le camp anti-Trump dénonce une politique erratique et dangereuse : la tentative de forcer l’Ukraine à capituler est vue comme une trahison des principes démocratiques et un chèque en blanc à Poutine. Les experts en relations internationales qualifient le fameux plan de paix Trump comme « une reddition transmise par Washington pour le compte de Moscou ». Ils estiment que Trump affaiblit la crédibilité morale des États-Unis, ce qui à terme renforce la Chine et la Russie sur l’échiquier mondial. Les anti-Trump soulignent aussi les effets néfastes sur les alliés : par exemple, les partenaires européens se sentent marginalisés ou instrumentalisés (beaucoup ont très mal réagi aux pressions sur l’Ukraine ou aux exigences tarifaires sur leurs produits). En politique intérieure, l’opposition accuse Trump de mener une offensive sans précédent contre la démocratie et l’État de droit. Ils rappellent qu’il a dès le début cherché à délégitimer les élections (comme en 2020) en clamant la fraude ; et qu’une fois revenu au pouvoir, il a poussé des actions pour manipuler les règles électorales à son avantage. Les démocrates citent les décrets sur l’élection (citoyenneté, etc.) comme la preuve que Trump veut « nationaliser les élections pour mieux les contrôler ». La réaction judiciaire bloquant ces mesures est saluée par eux comme une sauvegarde de la Constitution. De manière générale, la rhétorique anti-Trump insiste sur le fait que les institutions américaines sont mises à mal : l’indépendance de la justice serait menacée (Trump s’en prend verbalement aux procureurs et juges qui le contrarient), la liberté de la presse aussi (il a relancé des attaques contre des médias, encouragé des procès en diffamation, etc.), et la fonction publique est purgée de ses compétences au profit d’une loyauté aveugle. Ils pointent la création du DOGE et la purge de milliers de fonctionnaires comme un pas vers un État partisan inefficace et autoritaire. Sur l’immigration, l’opposition dénonce une cruauté et une illégalité des méthodes : le retour de la séparation des familles (même indirecte) est jugé moralement abject, et divers tribunaux ont effectivement rappelé à l’ordre le gouvernement pour non-respect de précédents engagements humanitaires. Les démocrates accusent Trump de flirter avec l’autoritarisme : ils soulignent ses propos sur la suspension de la Constitution (il avait suggéré en campagne qu’en cas de fraude avérée on pourrait écarter la loi suprême) et sur la remise en cause de l’État de droit. Enfin, un thème récurrent est la polarisation extrême que Trump entretient : l’opposition l’accuse de gouverner pour sa base en attisant les divisions : anti-immigrés vs migrants, villes « démocrates » vs campagne « réelle », etc. Selon eux, ce mandat approfondit le fossé national et affaiblit la confiance collective : « La démocratie américaine montre des signes de déclin significatif », avertissent des politologues, citant la participation chroniquement basse et la défiance record du public envers les institutions. Ils notent qu’ironiquement, même les démocrates en viennent à employer le mot « élections truquées » depuis la bataille de redécoupage : tout le monde s’accuse mutuellement de fraude, ce qui est « très dangereux » pour la démocratie. En bref, le narratif anti-Trump brosse le portrait d’un président qui met en péril les fondements même du système américain (équilibre des pouvoirs, droits civils, culture démocratique), pour des gains à court terme discutables. Ses opposants appellent à rétablir des garde-fous au plus vite, ce qui passe selon eux par un vote sanction aux midterms et en 2028.

Ces deux narratifs, diamétralement opposés, coexistent dans le débat public. Ils sont entretenus par des médias partisans de chaque camp (par exemple Fox News et médias alternatifs pro-Trump relayent le discours de succès, tandis que CNN, MSNBC et presse libérale mettent l’accent sur les scandales et dérives). Il est frappant de constater que même les faits les plus objectifs sont interprétés différemment : par exemple, la baisse énorme des homicides en 2025 est saluée par Trump comme sa victoire contre le crime, pendant que certains démocrates minimisent son rôle et soulignent que la violence par armes à feu reste un fléau (ex : plus de 600 tués dans des fusillades de masse en 2025 malgré tout). Cette polarisation du discours complique l’établissement d’un diagnostic partagé. Pour notre part, nous nous sommes attachés à distinguer les faits (chiffrés ou juridiques) de la narration. Il apparaît que chaque camp a ses points de réalité : oui, l’économie va mieux et la frontière est plus contrôlée (points pour Trump) ; oui, l’État de droit a dû intervenir pour stopper certaines mesures illégales et la démocratie est sous tension (points pour ses critiques). La vérité nuancée peine toutefois à percer dans un climat aussi polarisé.

Enjeux et risques pour les élections de mi-mandat 2026

À mi-chemin du mandat, les regards se tournent vers les élections midterms de novembre 2026, qui renouvelleront toute la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Ces élections seront cruciales : elles détermineront si Donald Trump conserve un Congrès aligné ou s’il fait face à une opposition parlementaire sur la fin de son mandat. L’histoire politique américaine montre que le parti du président perd presque toujours des sièges aux midterms (20 sur les 22 derniers scrutins de mi-mandat ont vu le parti présidentiel reculer à la Chambre). Cependant, plusieurs facteurs spécifiques à 2026 entrent en jeu, constituant autant de risques ou d’inconnues :

  • Polarisation exacerbée : Le climat politique est d’une forte polarisation partisane, ce qui peut avoir un double effet. D’une part, comme on l’a mentionné, de nombreux électeurs perçoivent les faits à travers un prisme partisan désormais. Cette polarisation peut cimenter les bases électorales (chaque camp extrêmement mobilisé contre l’autre), mais elle peut aussi dissuader les électeurs modérés ou indépendants écœurés par les excès de part et d’autre. En 2026, on observe déjà une croissance du nombre d’Américains se déclarant indépendants politiquement, ne se reconnaissant plus dans le duel polarisé. Ces indépendants pourraient faire pencher la balance dans des districts serrés. Par ailleurs, la polarisation actuelle a ceci d’inédit que les deux partis crient à la tricherie en même temps : traditionnellement, c’était surtout Trump qui clamait la fraude en 2020 ; désormais, même des démocrates emploient le terme “élections truquées” à propos des redécoupages. Cette délégitimation mutuelle du processus électoral est un risque pour 2026 : la confiance étant sapée, il n’est pas exclu que quel que soit le résultat, un grand nombre de candidats refusent de reconnaître la défaite, prolongeant les disputes post-électorales et les défis judiciaires. Déjà, une érosion de la confiance électorale est mesurée : la confiance des Américains dans la démocratie et le gouvernement est à un niveau historiquement bas.
  • Participation électorale : Les midterms sont traditionnellement marqués par une plus faible participation que les présidentielles. Cependant, les derniers cycles (2018, 2022) ont vu des sursauts de participation liés à la mobilisation anti-Trump (en 2018) ou à des enjeux brûlants (avortement en 2022). Pour 2026, plusieurs facteurs contradictoires influenceront la participation. D’un côté, la polarisation et l’importance perçue du scrutin (considéré comme un référendum sur Trump) pourraient motiver fortement les deux bases – républicaine et démocrate – à aller voter massivement, potentiellement approchant les niveaux d’une présidentielle. D’un autre côté, la démobilisation par fatalisme ou défiance menace aussi : si une partie de l’électorat pense que « les jeux sont faits » ou que « le système est truqué de toute façon », elle pourrait s’abstenir. Les experts notent que les États-Unis ont déjà un problème de faible participation relative (environ 50-60 % aux présidentielles, bien moins aux midterms), et que la défiance actuelle pourrait l’aggraver. Des efforts de mobilisation de chaque côté sont en cours : les démocrates veulent recréer une “blue wave” comme en 2018 pour reconquérir le Congrès, tandis que Donald Trump multiplie les meetings pour motiver sa base en vue de « défendre sa révolution ». Un risque réel est que la participation soit très inégale selon les États et districts : typiquement, les zones rurales pro-Trump votent davantage aux midterms que certains bastions démocrates urbains où le vote jeune et minoritaire chute en année non présidentielle. Cela pourrait amplifier un biais structurel déjà existant en faveur des républicains.
  • Redécoupage électoral (gerrymandering) : Le paysage des circonscriptions pour 2026 a été bouleversé par des redécoupages inédits en milieu de décennie. Normalement, le redistricting suit le recensement décennal (fait en 2020, appliqué en 2022). Or, en 2025, plusieurs États ont procédé à des redécoupages exceptionnels, lancés à l’instigation directe de Donald Trump. Ce dernier a explicitement demandé à des législatures républicaines, comme au Texas, de « lui donner cinq sièges supplémentaires » par un nouveau découpage afin de sécuriser la majorité à la Chambre. Le Texas a donc voté une carte augmentant significativement l’avantage républicain. En réaction, des États démocrates (Californie en tête) ont fait de même en leur faveur : la Californie a abandonné sa commission indépendante pour adopter un plan démocrate accentuant leur gain potentiel de sièges. On se retrouve ainsi avec un gerrymandering bilatéral où chaque camp a optimisé certains États. D’après les experts, ces manipulations tendent à réduire le nombre de districts véritablement compétitifs et à « verrouiller » de nombreux sièges pour un parti ou l’autre. Si les effets se neutralisent en partie entre démocrates et républicains, il semble tout de même que les démocrates aient obtenu un léger avantage net sur ce round de redécoupage (ne serait-ce que parce que la Californie est immense et entièrement contrôlée par eux). En tout cas, cela complexifie la projection du scrutin : au lieu de se battre sur la carte de 2022, on aura une nouvelle carte 2026 dans peut-être 8 à 10 États, avec des lignes partisanes. Les risques associés : d’abord des litiges judiciaires – certaines de ces cartes seront contestées en justice pour discrimination (par ex. les démocrates attaquent la carte texane, les républicains la californienne). La Cour suprême ayant dernièrement confirmé qu’elle n’interviendrait pas sur les gerrymanders purement partisans, il est probable que ces cartes seront en place pour 2026, même si des ajustements pourraient survenir. Ensuite, ce gerrymandering extrême fait que de nombreux électeurs de l’« out-party » (le parti qui n’a pas dessiné la carte localement) se sentiront désenfranchisés – par exemple les républicains de Californie ou les démocrates du Texas auront l’impression que leurs voix comptent moins. Cela peut jouer sur la participation (démotivation) et sur la légitimité perçue du résultat : on entend déjà des discours préparant le terrain pour crier à la victoire « illégitime » si elle est bâtie sur des découpages considérés comme truqués. La Californie a nommé sa loi de riposte « Election Rigging Response Act » (littéralement Acte de riposte au trucage électoral) – le choix même de ce terme de “rigging” en dit long sur l’ambiance. Au final, la Chambre des représentants 2026 se jouera peut-être sur 20 à 30 circonscriptions compétitives seulement (sur 435), tant le reste est “safe” pour un camp. Cela renforce le poids des primaires (où l’aile la plus dure de chaque parti l’emporte souvent faute de concurrence modérée) – un phénomène que des observateurs qualifient de « primary problem » aux États-Unis. Cette radicalisation dans la sélection des candidats risque de produire un Congrès 2027 encore plus polarisé, quelle que soit sa majorité.
  • Mobilisation des bases et enjeux majeurs : Chaque camp tentera de mobiliser sa base électorale autour d’enjeux forts. Pour les républicains pro-Trump, les thèmes likely à galvaniser sont la défense du « succès économique et sécuritaire » du Président (ils feront campagne sur l’inflation vaincue, l’immigration stoppée, etc.) et la dénonciation d’ennemis intérieurs (le « radicalisme de gauche », la « corruption Biden/Harris », etc.). Trump insistera probablement sur le message : « ne laissez pas les démocrates défaire ce que nous avons accompli ». La base trumpiste, notamment rurale et ouvrière blanche, a un fort taux de fidélisation et devrait se mobiliser. En face, les démocrates chercheront à provoquer une vague anti-Trump en alertant sur les dangers pour la démocratie et les droits. Ils mettront en avant la nécessité de restaurer des contre-pouvoirs, protéger le droit à l’avortement (certains États l’ayant encore restreint, c’est un sujet mobilisateur en particulier pour l’électorat féminin), préserver l’assurance-santé et lutter contre les inégalités raciales. La coalition démocrate (jeunes, minorités, diplômés des villes, femmes suburbaines) est plus nombreuse en potentiel, mais historiquement moins assidue aux midterms. Un enjeu sera de reproduire l’enthousiasme de 2018 quand l’anti-trumpisme avait fait élire une Chambre démocrate. Cette fois, après deux ans de Trump 2, la question sera : l’opposition anti-Trump a-t-elle la même ferveur ou s’est-elle émoussée ? Des premiers sondages génériques en 2026 donnent un avantage aux démocrates (48 % d’intentions de vote contre 42 % GOP), ce qui suggérerait une dynamique favorable. Toutefois, ces chiffres nationaux peuvent être trompeurs en raison de la distribution des sièges (gerrymandering évoqué) et du fait que le vote démocrate est très concentré dans certaines métropoles. Le Sénat 2026 sera aussi en jeu, bien que structurellement plus difficile à basculer pour les démocrates (ils doivent gagner +4 sièges alors que beaucoup de sortants démocrates sont en terrain hostile). Néanmoins, quelques candidatures phares (par ex., l’entrée en lice d’une démocrate populaire en Alaska contre un sénateur républicain sortant) redonnent espoir aux démocrates de limiter la casse.
  • Menaces non-électorales : Enfin, il faut mentionner des risques hors du champ strictement politique qui pourraient influencer les midterms. Par exemple, le spectre de la violence politique plane en raison de la polarisation : les agences de renseignement intérieure redoutent des actes isolés (milices d’extrême-droite perturbant des bureaux de vote, ou au contraire activistes d’extrême-gauche affrontant la police lors de manifestations). Tout incident de ce genre pourrait être exploité par un camp pour diaboliser l’autre, ajoutant au chaos. De plus, la persistance des « Big Lie » (grand mensonge sur 2020) dans une partie de l’électorat fait que beaucoup de candidats républicains locaux refusent d’indiquer s’ils accepteraient une défaite. Des scénarios de « crise de certification » en janvier 2027 sont envisagés si la Chambre ou certains gouverneurs contestent des résultats serrés. L’infrastructure électorale subit aussi la pression : pénuries de travailleurs électoraux, menaces contre des fonctionnaires électoraux ; autant d’éléments qui fragilisent la tenue sereine du scrutin.

En somme, les midterms de 2026 présentent un enjeu double : institutionnel (le contrôle du Congrès et donc la capacité de Trump à gouverner sans frein jusqu’en 2028) et démocratique (la confiance dans l’intégrité du processus électoral américain lui-même). Historiquement, comme l’a analysé le politologue William Galston, « il semble peu probable que l’opinion publique évolue suffisamment pour prolonger le contrôle républicain de la Chambre » compte tenu des tendances habituelles et des bases démographiques des partis. Si les démocrates reprennent une chambre, « la phase législative de la présidence Trump sera terminée » et on assistera à une avalanche d’auditions parlementaires cherchant à mettre son administration en difficulté. Conscient de cela, Donald Trump fait tout pour éviter ce scénario. Mais l’histoire pourrait se répéter : en 1998, les républicains avaient échoué à gagner des sièges contre Bill Clinton, et en 2002, les républicains avaient gagné des sièges avec Bush (deux rares exceptions dues à des circonstances spéciales). 2026 sera-t-il une exception grâce à une économie solide et une opposition divisée ? Ou bien suivra-t-il la règle d’or des revers du parti au pouvoir ? L’incertitude est réelle, amplifiée par les facteurs évoqués (découpages partisans, mobilisation variable, méfiance). Ce qui est certain, c’est que ces élections intermédiaires seront surveillées de près non seulement comme un référendum sur Trump, mais aussi comme un baromètre de la santé de la démocratie américaine. Le taux de participation, notamment, sera un indicateur clé : une forte participation traduirait l’engagement civique malgré tout, tandis qu’une abstention importante signalerait peut-être une dangereuse résignation.


Zones d’incertitude à signaler : Le rapport ci-dessus s’appuie sur les données disponibles jusqu’à début 2026, mais plusieurs évolutions pourraient modifier l’évaluation du mandat Trump en cours. Par exemple, un retournement économique (récession mondiale due aux guerres commerciales, crise financière imprévue) aurait un impact majeur non anticipé dans ce bilan. De même, des événements géopolitiques (escalade en Ukraine ou à Taïwan) pourraient reconsidérer le jugement sur la politique étrangère de Trump. Nous avons distingué autant que possible les faits (accomplis ou en cours) des intentions (déclarées par l’administration) et des projections (scénarios pour l’avenir). Là où des projections sont évoquées – notamment pour les midterms – elles sont assorties de la prudence qui s’impose. En conclusion provisoire, après un an du second mandat de Donald Trump, l’Amérique a connu des changements profonds (sur l’immigration, la politique commerciale, l’orientation diplomatique, l’organisation de l’administration), mais les contre-pouvoirs (juges, États, opinion) restent actifs et détermineront si ces changements s’inscrivent dans la durée ou s’ils seront partiellement inversés. Les élections de 2026 seront à cet égard un moment déterminant qui pourrait soit conforter Donald Trump, soit au contraire inaugurer une phase de confrontation accrue entre l’exécutif et le législatif, pour le meilleur équilibre des pouvoirs – ou pour l’impasse politique, l’avenir nous le dira. 

Sources utilisées : Congress.gov, Bureau of Labor Statistics (BLS), U.S. Bureau of Economic Analysis (BEA), Federal Reserve (données macroéconomiques), décisions judiciaires fédérales (arrêts cités), communiqués officiels de la Maison-Blanche, analyses d’instituts indépendants (Brookings, Chatham House, Middle East Institute, USC), dépêches Associated Press et Reuters, etc., dont voici quelques références clés :

  • Données économiques officielles (chômage, inflation, PIB) : BLS , BEA .
  • Mesures migratoires et leurs effets : Maison-Blanche, Promises Kept ; reportage USA Today Network .
  • Décrets sur les élections bloqués par un juge : décision Kollar-Kotelly (AP/Spectrum) .
  • Plan de paix Ukraine et réactions : Chatham House .
  • Politique commerciale et accords de tarifs : Middle East Institute .
  • Budget 2025 et coupes dans l’administration : Middle East Institute .
  • Statistiques criminalité 2025 : ABC News / FBI .
  • Redécoupage électoral 2025 : USC Price School .
  • Perspectives historiques midterms : Brookings .
  • Analyse démocratique en déclin : USC Price School .

Citations

President Trump’s One Big Beautiful Bill Is Now the Law – The White House

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to end 2025 with the largest one-year drop in homicides ever recorded: Experts – ABC Newshttps://abcnews.com/US/us-poised-end-2025-largest-year-drop-homicides/story?id=128646976US poised to end 2025 with the largest one-year drop in homicides ever recorded: Experts – ABC Newshttps://abcnews.com/US/us-poised-end-2025-largest-year-drop-homicides/story?id=128646976US poised to end 2025 with the largest one-year drop in homicides ever recorded: Experts – ABC Newshttps://abcnews.com/US/us-poised-end-2025-largest-year-drop-homicides/story?id=128646976US poised to end 2025 with the largest one-year drop in homicides ever recorded: Experts – ABC Newshttps://abcnews.com/US/us-poised-end-2025-largest-year-drop-homicides/story?id=128646976US poised to end 2025 with the largest one-year drop in homicides ever recorded: Experts – ABC Newshttps://abcnews.com/US/us-poised-end-2025-largest-year-drop-homicides/story?id=128646976US poised to end 2025 with the largest one-year drop in homicides ever 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Newshttps://abcnews.com/US/us-poised-end-2025-largest-year-drop-homicides/story?id=128646976US poised to end 2025 with the largest one-year drop in homicides ever recorded: Experts – ABC Newshttps://abcnews.com/US/us-poised-end-2025-largest-year-drop-homicides/story?id=128646976US poised to end 2025 with the largest one-year drop in homicides ever recorded: Experts – ABC Newshttps://abcnews.com/US/us-poised-end-2025-largest-year-drop-homicides/story?id=128646976How have crime rates in the United States changed over the last 50 …https://ourworldindata.org/us-crime-rates[PDF] Crime Trends in U.S. Cities: Year-End 2025 Updatehttps://counciloncj.org/crime-trends-in-u-s-cities-year-end-2025-update/?pdf=12444Judge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-orderJudge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-orderJudge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-orderJudge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-orderJudge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-orderJudge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-orderDaily State of Play: Trump’s Indefinite Refugee Ban and Funding Halthttps://cwsglobal.org/blog/daily-state-of-play-trumps-indefinite-refugee-ban-and-funding-halt/Daily State of Play: Trump’s Indefinite Refugee Ban and Funding Halthttps://cwsglobal.org/blog/daily-state-of-play-trumps-indefinite-refugee-ban-and-funding-halt/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/Judge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-order✅ Promises Made, Promises Kept — One Year Later – The White Househttps://www.whitehouse.gov/articles/2025/11/promises-made-promises-kept-one-year-later/✅ Promises Made, Promises Kept — One Year Later – The White 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Institutehttps://mei.edu/publication/us-policy-middle-east-second-quarter-2025-report-card/Trump pressures Ukraine to accept peace deal: Early analysis from Chatham House experts | Chatham House – International Affairs Think Tankhttps://www.chathamhouse.org/2025/11/trump-pressures-ukraine-accept-peace-deal-early-analysis-chatham-house-expertsUS Policy in the Middle East: Second Quarter 2025 Report Card – Middle East Institutehttps://mei.edu/publication/us-policy-middle-east-second-quarter-2025-report-card/US Policy in the Middle East: Second Quarter 2025 Report Card – Middle East Institutehttps://mei.edu/publication/us-policy-middle-east-second-quarter-2025-report-card/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Judge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-orderJudge blocks additional citizenship provisions from orderhttps://spectrumlocalnews.com/us/snplus/politics/2026/01/31/judge-ruling-election-orderWhy are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/With a polarized political climate approaching the high-stakes 2026 …https://www.facebook.com/ABCNews/posts/with-a-polarized-political-climate-approaching-the-high-stakes-2026-midterm-elec/1318676680119209/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/Why are the 2026 midterm elections important? 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USC experts explainhttps://priceschool.usc.edu/news/midterm-elections-democracy-trump-ballots-gerrymandering/The Primary Problem Looming Over 2026 | Unite Americahttps://www.uniteamerica.org/articles/the-primary-problem-looming-over-2026The Primary Problem Looming Over 2026 | Unite Americahttps://www.uniteamerica.org/articles/the-primary-problem-looming-over-2026January 2026 National Poll: Democrats Start Midterm Election Year …https://emersoncollegepolling.com/january-2026-national-poll/January 2026 National Poll: Democrats Start Midterm Election Year …https://emersoncollegepolling.com/january-2026-national-poll/Sabato’s Crystal Ball – UVA Center for Politicshttps://centerforpolitics.org/crystalball/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/What history tells us about the 2026 midterm elections | Brookingshttps://www.brookings.edu/articles/what-history-tells-us-about-the-2026-midterm-elections/

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